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Quelle transition du CDI au Centre de ressources ?

photo du CDI du lycée la Martinière-Duchère après travaux

« Centre de ressources : des espaces CDI en transition pour mieux conjuguer apprentissages, culture et bien-être ? ». Telle est l’intéressante question posée à l’occasion de l’un des ateliers organisés par la cellule Bâti et Espaces d’Apprentissage. Cet atelier, animé par un trio de professeures documentalistes – Caroline Guédan (également chargée de mission à la DRANE de Lyon), Charlotte la Rocca et Julie Monnier – s’est déroulé le 20 octobre 2021 dans le cadre des séminaires Terrains d’Apprentissage

D’entrée de jeu, les participants ont été invités à se positionner en accord ou en désaccord avec plusieurs assertions bien choisies et un brin provocatrices, suivant le principe de la rivière du doute. Cette technique d’animation, outre le fait de briser la glace au sein d’un groupe et de le mettre en activité, vise à mettre en débat les représentations et idées reçues pour ensuite plus aisément nourrir et enrichir la discussion. 

Un centre de ressources ne peut pas être qu’un sanctuaire de livres

En réponse à cette première assertion, les participants se sont accordés pour dire qu’un centre de ressources « n’est pas un lieu uniquement réservé à la lecture » et ont questionné le terme de « centre de ressources » (plus communément appelé CDI au sein des établissements scolaires, ou parfois centre de connaissance et de culture).

Ont également été questionnées les postures des élèves au sein de cet espace, qui peuvent y être différentes par rapport aux postures attendues et autorisées dans les salles de classe : position assise, couchée, au sol, sur une table, etc. Et ont également été soulevées les questions de l’autorisation ou non pour les élèves d’écouter de la musique avec un casque, ainsi que celle du type de ressources à proposer – outre les livres – dans ce type d’espace. 

Bien apprendre, c’est être assis à un bureau face à un enseignant

Cette deuxième assertion a soulevé la question du degré d’acceptation du bruit par les enseignants. Certains participants ont expliqué qu’ils « aimeraient avoir une partie classe (type salle autobus) dans le CDI afin de pouvoir voir tous les élèves », « capter les regards étant important pour beaucoup d’enseignants ». 

Le bien-être des élèves, c’est l’achat de mobilier confortable

Cette troisième et dernière assertion a fait consensus sur le fait que le changement de mobilier n’est pas suffisant pour assurer le bien-être des élèves et plus largement des usagers du centre de ressources. Les participants ont souligné « l’importance d’être dans l’activité pour le bien-être » ainsi que « l’importance de l’accueil et de la convivialité du lieu ». Ils ont également ajouté que le choix de mobiliers confortables doit prendre en considération des paramètres connexes, tels que le revêtement de sol ou encore la lumière. Il est également important de penser « la distance par rapport aux autres, en lien avec le besoin de s’isoler ou de se regrouper » afin que chacun puisse trouver « l’endroit qui lui correspond ». 

Après ce temps d’ouverture sur la problématique de l’atelier, les participants ont poursuivi les échanges au sein de trois ateliers tournant et ont approfondi les aspects suivants : 

  • Quelle évolution du CDI pour répondre aux besoins des usagers ?
  • Quelle complémentarité des ressources physiques et numériques au sein du CDI ?
  • Quelle transformation des espaces au sein du CDI pour faciliter la différenciation pédagogique ?

Un CDI qui doit répondre aux besoins des usagers

Pour que l’espace CDI réponde mieux aux besoins des usagers, les participants ont souligné l’intérêt d’encourager une diversité de pratiques en son sein, afin que chacun puisse s’y sentir bien et étudier efficacement. Pour ce faire, il est intéressant d’imaginer des espaces délimités et identifiés en fonction des activités possibles, avec un espace ouvert mais également des espaces fermés (salle des archives, salles de travail collaboratif…). Ces sous-espaces doivent disposer d’une signalétique pour se repérer et identifier les différents usages possibles. Dans ces sous-espaces également, différentes postures peuvent être autorisées et suggérées aux élèves au moyen de l’aménagement (assis sur une chaise, dans un fauteuil, au sol, contre la fenêtre, ou encore debout ou même allongé…). 

Les participants à l’atelier ont également émis l’idée d’un « CDI hors les murs », qui ne s’arrête pas à sa porte. Ainsi, les espaces interstitiels de l’établissement pourraient constituer une extension du CDI et proposer des ressources en accueillant des expositions ou des boîtes à livres, à destination des élèves internes par exemple. D’autres ressources émanant du CDI peuvent être proposées en salle des professeurs, dans le foyer des élèves ou encore en ligne. Et les différentes actions culturelles et pédagogiques menées au sein du CDI sont à valoriser sur le site internet de l’établissement.

photo d'espaces interstitiels aménagés avec une exposition et un bibliobus

Enfin, les participants ont observé que certaines actions mises en œuvre durant la crise sanitaire – telles qu’un bibliobus, la réservation en ligne, le CDI dans la cour ou encore des lectures offertes dans la cour – perdurent à certains endroits, faisant ainsi véritablement de l’établissement dans sa globalité un centre de ressources !

La complémentarité des ressources physiques et numériques

L’utilisation croissante du numérique dans le champ scolaire questionne la place et l’usage des ressources numériques au sein d’un centre de ressources, ainsi que leur articulation avec les ressources physiques (livres, revues, documents papier…). 

photo du centre de ressources du lycée Docteur Charles Mérieux et notamment de son équipement numérique

Les participants ont souligné que les transformations technologiques (tablettes, smartphones…) ainsi que les confinements successifs avaient augmenté l’usage des ressources numériques, par les enseignants comme par les élèves, et amplifié une diversité des pratiques d’enseignement. Pour autant, les ressources numériques n’ont pas vocation à remplacer les ressources physiques. Il est ainsi plus intéressant de leur point de vue de les penser en termes de complémentarité et d’objectifs pédagogiques ciblés. 

Les professeurs documentalistes présents à l’atelier se sont accordés sur le fait que ces mutations entraînent une transformation de leurs missions. Certains ont également ajouté qu’ils n’avaient malheureusement pas toujours accès aux ressources numériques. Ainsi, des sites comme Cafeyn ou encore Europresse permettraient de donner aux élèves un accès aisé à l’actualité, y compris depuis chez eux. Mais les coûts d’abonnement à ces sources sont très élevés. Par ailleurs, les ressources en accès payant via le GAR (Gestionnaire d’Accès aux Ressources) posent la question des moyens financiers disponibles au sein des établissements scolaires. Et à côté du coût financier se posent également des questions logistiques. Par exemple, il est possible pour un établissement scolaire d’acheter des films via Adav digital, mais il n’existe pas à ce jour d’interconnexion possible avec le GAR de l’éducation nationale.

La transformation des espaces au service de la différenciation pédagogique

La transformation des espaces au sein d’un centre de ressources gagne à s’inscrire dans un objectif de différenciation pédagogique. Il s’agit notamment de s’appuyer sur une transformation des composantes spatiales du CDI pour travailler sur le développement des « soft skills », c’est à dire des compétences psychosociales (résolution de problèmes, prise de décision, pensée créatrice, esprit critique, communication et relations interpersonnelles, conscience de soi, empathie, gestion du stress et des émotions…). 

photo de situations en CDI permettant de favoriser le développement des compétences psychosociales

Selon les participants, cela implique une posture d’accompagnement de la part du professeur documentaliste en vue de favoriser la construction de leurs apprentissages par les élèves eux-mêmes. Cette évolution peut s’appuyer sur des travaux de groupe, des moments de partage, de jeux éducatifs, la construction d’expositions ou encore d’accompagnement de projets d’élèves. L’idée étant de cultiver la curiosité et de favoriser l’autonomie des élèves. Dans certains lycées, des élèves volontaires peuvent par exemple ouvrir le CDI (accueillir, renseigner, prendre les messages, faire le prêt) sur des tranches horaires complémentaires au temps de présence du professeur documentaliste référent. 

À travers cet atelier, les participants ont ainsi réfléchi au lieu bien souvent central que constitue le Centre de Documentation et d’Information d’un établissement. En se détachant des idées reçues telle que l’image du CDI en tant que « sanctuaire à livre, austère et silencieux », ils ont réfléchi à cet espace, aujourd’hui en transition, qui ne demande qu’à être (ré)imaginé à l’ère du numérique pour mieux conjuguer apprentissages, culture et bien-être


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